Amyline
L'amyline (Islet Amyloid Polypeptide, IAPP) est une hormone peptidique de 37 acides aminés (3.9 kDa) co-sécrétée avec l'insuline par les cellules β-pancréatiques en ratio molaire ~1:100 (amyline:insuline). Identifiée par Westermark et Cooper en 1987, elle appartient à la famille peptidique CGRP/calcitonine/adrenomedulline/intermedine, avec laquelle elle partage environ 20-50% d'identité de séquence et un pont disulfure C2-C7 caractéristique.
Rôles physiologiques. L'amyline agit comme un co-régulateur métabolique de l'insuline : elle (1) ralentit la vidange gastrique via l'activation de centres vagaux, (2) supprime la sécrétion de glucagon postprandiale (via l'area postrema et le noyau arqué), (3) induit la satiété via le noyau du tractus solitaire (NTS) et l'area postrema, (4) réduit la prise alimentaire homéostatique et hédonique. Elle est dégradée par l'enzyme IDE (Insulin-Degrading Enzyme) et présente une demi-vie plasmatique de 10-20 minutes.
Récepteurs AMY-R. L'amyline active les récepteurs de l'amyline formés par des complexes hétéromériques entre le récepteur de la calcitonine (CTR) et les protéines modificatrices RAMP1, RAMP2 ou RAMP3 (Receptor Activity-Modifying Proteins), produisant respectivement AMY1R, AMY2R et AMY3R. Le couplage Gαs → cAMP → PKA prédomine. L'amyline peut également activer le récepteur CGRP et le récepteur de l'adrénomédulline à doses pharmacologiques.
Pathologie et thérapeutiques. L'amyline humaine présente une tendance à former des fibrilles amyloïdes (dépôts d'amyline pancréatique chez 90% des diabétiques type 2, contribution à la dysfonction β-cellulaire). Les analogues thérapeutiques stabilisés contre l'agrégation incluent le pramlintide (Symlin®, triple substitution Pro25/28/29 copiée de l'amyline rat, approuvé FDA 2005 pour diabète type 1 et 2) et le cagrilintide (analogue longue action acylé par acide gras C20, combiné avec sémaglutide dans CagriSema, phase III REDEFINE/REIMAGINE en cours).