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Somatostatine

Définition

La somatostatine (SRIF, Somatotropin Release-Inhibiting Factor) est un peptide régulateur découvert en 1972 par Brazeau et Guillemin comme inhibiteur puissant de la sécrétion d'hormone de croissance. Elle existe sous deux formes bioactives coexistantes : SST-14 (14 acides aminés) et SST-28 (28 acides aminés), issues du même précurseur préprosomatostatine par clivage protéolytique différentiel.

Physiologiquement, la somatostatine est un inhibiteur universel de sécrétions hormonales et exocrines. Produite dans l'hypothalamus, le pancréas endocrine (cellules δ des îlots), le tractus digestif et le système nerveux central, elle inhibe la sécrétion d'hormone de croissance, de TSH, d'insuline, de glucagon, de gastrine, de sécrétine, de cholécystokinine, et de nombreuses autres hormones peptidiques. Elle exerce également un effet antiproliératif sur les cellules tumorales exprimant ses récepteurs, propriété exploitée en oncologie endocrinienne.

La somatostatine agit via cinq sous-types de récepteurs couplés aux protéines G (SSTR1 à SSTR5), tous inhibiteurs via Gi/o et diminution de l'AMPc intracellulaire. Leur distribution tissulaire différentielle explique les effets spécifiques : SSTR2 domine dans l'hypophyse et les tumeurs neuroendocrines, SSTR5 est important pour l'inhibition de GH et d'insuline, SSTR1/3/4 sont plus largement distribués. Cette hétérogénéité récepteur a stimulé le développement d'analogues sélectifs pour cibler précisément certaines actions biologiques.

Les analogues thérapeutiques de la somatostatine constituent une classe pharmaceutique mature. L'octréotide, octapeptide cyclique introduit en 1988, cible préférentiellement SSTR2 et SSTR5, avec une demi-vie prolongée (≈90 min contre 2 min pour la somatostatine native) permettant des administrations espacées. Le lanréotide et le pasiréotide représentent des évolutions avec profils de sélectivité et durées d'action variables. Des formulations à libération prolongée (octréotide LAR, lanréotide Autogel) assurent une couverture mensuelle.

En recherche exploratoire, la somatostatine et ses analogues permettent d'étudier plusieurs domaines : régulation hormonale fine de l'axe somatotrope, signalisation des récepteurs SSTR et leurs mécanismes de désensibilisation/internalisation, effets sur la prolifération cellulaire en oncologie expérimentale, et interactions avec d'autres voies neuroendocrines (ghréline, GHRH). Sur lab-peptides-france.com, la somatostatine native peut être disponible sur demande pour usage recherche. Les laboratoires travaillant sur l'axe hypothalamo-hypophysaire ou les tumeurs neuroendocrines utilisent ces composés comme outils pharmacologiques pour valider des hypothèses mécanistiques en conditions contrôlées.